La date du 15 juillet est en route pour faire trembler Libreville, car deux audits sur les finances publiques sont en cours d’examen. Le Comité d’audit et de consolidation des passifs exigibles de l’État doit livrer ses conclusions la semaine prochaine sur un stock de dette publique estimé à environ 8 700 milliards FCFA, soit entre 70% et 74% du PIB.
La situation est alarmante, car le système de surfacturations et de travaux fictifs a multiplié la dette intérieure par sept entre 2020 et 2023. Les projections du FMI ont évalué la dette publique à 85,5% du PIB, au-dessus du plafond de la norme CEMAC.
Le gouvernement gabonais a engagé un pari sur la trajectoire de transparence, mais les marchés sont sceptiques. Le spread souverain gabonais est passé de plus de 1 100 points de base en janvier 2026 à 689,60 points de base à mi-avril.
Le rapport d’étape de la Task force chiffrait déjà il y a trois ans des surcoûts de 12 milliards FCFA pour les voiries de Libreville et des surfacturations de 2,8 milliards FCFA. Ces montants forment une partie non négligeable du stock que l’audit actuel doit qualifier et consolider.
Les investisseurs attendent donc une réponse sur ce qui sera fait avec ces chiffres. La vague de poursuites judiciaires contre les décideurs sous le régime d’Ali Bongo est prévue, car Libreville présente ces audits comme un préalable indispensable à l’assainissement des finances publiques.
Le gouvernement doit donc montrer ses cartes. La suite de cet audit sera cruciale pour accéder aux financements concessionnels indispensables à son programme d’investissement.



